Que sont les ESOD ?
Le gouvernement vient de publier la nouvelle liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD), applicable pour les trois prochaines années.
Derrière ce sigle administratif se trouve une réalité très concrète : le classement ESOD permet d’autoriser, selon les espèces et les territoires, le tir, le piégeage ou le déterrage d’animaux sauvages, au motif qu’ils seraient susceptibles de provoquer des dégâts.
Sont notamment concernés, selon les départements, le renard, la fouine, la martre, la belette, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet.
Le renard pourra notamment être piégé et déterré dans les conditions prévues par le nouvel arrêté.
Pour le Parti animaliste, cette décision est d’autant plus inadmissible après un été marqué par les incendies, les sécheresses et les épisodes de chaleur extrême, qui ont fragilisé les animaux sauvages et leurs habitats.
Une politique de destruction que les scientifiques jugent inefficace
En plus d’être cruelles, ces tueries sont inefficaces et coûteuses.
Une étude du Muséum national d’histoire naturelle, publiée en mars 2026 dans Biological Conservation, a analysé sept années de données sur les “destructions” d’ESOD et les dégâts déclarés.
Sa conclusion est claire : l’augmentation des “destructions” ne réduit pas les pertes économiques liées aux dégâts, tandis que l’arrêt des “destructions” n’entraîne pas leur augmentation. Chez les oiseaux étudiés, l’intensité des “destructions” ne permet pas davantage de réduire les populations reproductrices.
Pour le Parti animaliste, il est temps de tirer les conséquences de ces résultats : on ne peut pas continuer à tuer des animaux pour des raisons de dégâts matériels. Il faut innover pour d’autres solutions qui, contrairement à la commande de tuerie, seraient, elles, efficaces.
On ne peut pas protéger les animaux des incendies tout en autorisant leur massacre
Cet été, le Parti animaliste a demandé que les animaux soient enfin intégrés aux dispositifs de protection civile et bénéficient d’un véritable dispositif national de protection en cas de catastrophe.
Il a également demandé la suspension de la chasse dans les territoires frappés par les incendies, afin d’accorder un répit aux animaux qui ont survécu aux flammes et se retrouvent privés de nourriture, d’eau et d’abris.
La publication de la liste des ESOD intervient pourtant dans ce contexte.
« On ne peut pas espérer que les animaux sauvages survivent aux incendies, aux sécheresses et aux canicules pour ensuite autoriser leur extermination au nom des dégâts qu’ils pourraient occasionner. Cet été, nous avons demandé que les animaux victimes des incendies bénéficient enfin de la protection des pouvoirs publics. Aujourd’hui, le gouvernement reconduit un dispositif qui permet de tuer massivement des animaux sauvages, dont les renards, alors même que les travaux du Muséum national d’histoire naturelle montrent que ce carnage ne réduit pas les dégâts qu’on leur impute. Ce constat n’est plus tenable. », déclare Béatrice Canel-Depitre, coprésidente du Parti animaliste.
Le Parti animaliste demande la fin du classement ESOD
Face à cette nouvelle réglementation, le Parti animaliste demande :
- la suppression du classement des animaux parmi les « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » ;
- la fin des méthodes létales utilisées contre les animaux sauvages au titre de ce classement ;
- le recours prioritaire à des solutions de prévention et de protection non létales lorsque des dommages sont effectivement constatés ;
- une réévaluation des politiques publiques de destruction à la lumière des données scientifiques disponibles.
Un animal ne devient pas légitimement tuable parce qu’il est susceptible d’occasionner des dégâts.
Après les catastrophes climatiques de cet été, continuer à considérer les animaux sauvages comme des populations à détruire plutôt que comme des individus à protéger révèle l’urgence de changer de modèle.
Le Parti animaliste